Le tour du monde de l’innovation


Chaque semaine, La Tribune vous propose de partir à la découverte des petites et grandes innovations qui annoncent l'avenir.

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10TOKYO – Japon

Un smartphone avec un scanner d’iris intégré

Sécurité - Thèmes

Pour l’instant, l’authentification sur un smartphone passe par un banal code PIN, un « dessin » ou une empreinte digitale. Pour pousser encore la sécurisation du téléphone, l’opérateur mobile japonais NTT DoCoMo lance un nouveau modèle, le Fujitsu Arrows NX F-04G, qui contient un véritable scanner d’iris. Pour identifier l’utilisateur, l’appareil utilise la caméra frontale, dotée d’un dispositif infrarouge qui peut reconnaître l’iris, même en pleine nuit, grâce à une LED. La commercialisation est prévue pour cet été au Japon. S. R.

9TAIPEI – Taïwan

Un muscle artificiel à partir de cellules d’oignon

Médecine - Thèmes

L’oignon est bon pour la santé… et aussi pour la médecine. Des chercheurs de l’université nationale de Taïwan ont créé un muscle artificiel en utilisant notamment des cellules issues de la peau des oignons. La raison est simple : en étant soumises à un stimulus électrique, ces cellules réagissent comme des muscles naturels et favorisent la contraction musculaire. Prochain défi : développer la force du prototype et augmenter le voltage auquel il peut être soumis. S. R.

8SHANGHAI – Chine

Des ampoules musicales qui relaient le wi-fi

Objets connectés - Thèmes

En raison de l’épaisseur des murs ou de la présence d’un étage, capter un signal wi-fi correct dans toute la maison peut être compliqué. La société chinoise Sengled a donc mis au point les Sengled Boost, des ampoules LED connectées qui contiennent un amplificateur wi-fi. Le système fonctionne grâce à une application mobile qui « booste » le wi-fi et règle l’intensité de la lumière. Autre avantage : les ampoules intègrent aussi un haut-parleur de 13 W, qui permet d’écouter de la musique envoyée depuis un smartphone. Les ampoules communiquent entre elles pour diffuser un son stéréo dans toutes les pièces. La société commercialise les Sengled Boost par deux, pour 50 euros. S. R.

7JOYGOPALPUR – Inde

Elle transforme de vieux sacs plastiques en briques

Déchets - Thèmes

Partie en Inde pour développer un système de collecte de déchets, Lise Fuglsang Vestergaard, étudiante en maîtrise de design et innovation au Danemark, est allée plus loin. Sur les tas d’ordures de Joygopalpur où les plus démunis trient ce qui peut être valorisé, elle s’est intéressée aux sacs plastiques. Abandonnés, ils s’éparpillent et provoquent une pollution majeure. L’idée de Lise : en faire des briques résistant à une pression de six tonnes pour remplacer celles en argile utilisées par les habitants de Joygopalpur, lesquelles ne peuvent résister aux moussons. Pour ses briques, l’étudiante a été gratifiée d’un prix de 15 000 euros par l’université technique du Danemark. Elle a réinjecté cette somme dans son projet. Direction l’Inde et la construction d’habitats en plastique recyclé à recouvrir d’argile. Pas question non plus de dénaturer l’esthétique existante de ces maisons.

6NAIROBI – Kenya

Go sheng, la plateforme qui invente une langue

Jeunesse - Thèmes

Depuis quelques années, les jeunes Kenyans de toutes les ethnies se mettent à une nouvelle langue, le sheng. Apparu à la suite des violences post-électorales de 2008, le sheng se compose pour l’instant d’environ 3 900 mots issus d’un mélange entre les différents dialectes du pays. Pour encourager le développement de ce langage qui rassemble une jeunesse jusqu’alors divisée, la plateforme en ligne « Go sheng » fait office de communauté d’échanges. En plus d’abriter le dictionnaire officiel, elle permet aux membres de proposer de nouveaux mots ou expressions, qui sont ensuite soumis aux autres membres pour validation ou refus. Pour l’heure, la communauté « Go sheng » rassemble 15 000 personnes. S. R.

5REHOVOT – Israël

Des vêtements « vivants » imprimés en 3D

Habillement - Thèmes

Et si nous vêtements n’étaient plus seulement des bouts de tissu mais des organismes vivants et actifs ? C’est l’ambition de la styliste israélienne Neri Oxman, qui a dévoilé la première tenue photosynthétique du monde, créée pour la société Stratasys. Mushtari, c’est le nom de la combinaison, a été imprimée en 3D et abrite de la matière vivante. Il s’agit d’un vêtement photosynthétique doté de canaux internes pour abriter des micro-organismes. Exposés au soleil, ces derniers sont capables de « fluorescer » des couleurs vives dans l’obscurité et de produire du sucre ou des biocarburants. « Dans un futur proche, de telles fonctions permettront d’augmenter les caractéristiques du porteur de la combinaison en scannant sa peau, en réparant les tissus endommagés et en assistant nos fonctions biologiques », s’enflamme Neri Oxman. Et dire que certains pensent que les vêtements ne servent qu’à cacher le corps ou à le mettre en valeur… S. R.

4TEL AVIV – Israël

Un vélo qui cartonne

Recyclage - Thèmes

Avec ses épaisses roues blanches cerclées de noir, sa selle rouge et ses lignes minimalistes, il fait penser à un jouet XXL. Ce vélo, conçu par l’Israélien Izhar Gafni, est le premier au monde fabriqué en carton recyclé. À l’origine de cette folle invention, un canoë en carton capable de flotter. Après l’avoir aperçu, l’ingénieur Izhar Gafni décide d’appliquer le même principe à sa passion, le vélo. Du carton pour le cadre, du plastique pour la selle et le guidon, du caoutchouc pour le contour des roues, un peu de métal pour les pédales et les freins, l’ensemble issu du recyclage, et l’affaire est dans le sac : voilà un vélo fonctionnel, doté d’une solidité équivalente à celle de la fibre carbone, qui ne pèse pas plus de 9 kg et peut en supporter jusqu’à 135. « Meilleure invention 2013 », selon Science Magazine, le vélo de Gafni est attendu sur le marché en 2015

3LYON – France

Des spermatozoïdes humains créés in vitro

Biotechnologie - Thèmes

C’est une première mondiale, qui pourrait révolutionner le traitement de l’infertilité masculine. Après plus de quinze ans de recherche, la société lyonnaise de biotechnologie Kallistem a réussi la première « spermatogenèse » du monde. Les chercheurs ont recréé de toutes pièces des spermatozoïdes in vitro. Pour réussir cette opération, ils ont prélevé des extraits de pulpe testiculaire contenant des cellules-souches immatures, comme des « embryons » de spermatozoïdes. Ils les ont ensuite « mis en culture » pendant soixante-douze jours. Au terme de cette période d’incubation, ils sont devenus des spermatozoïdes complets et totalement fonctionnels. L’entreprise les conserve ensuite jusqu’au désir de paternité de l’homme… et le tour est joué. Le brevet sera déposé le 23 juin. S. R.

2SAO PAULO – Brésil

Un restaurant fait payer les hommes 30 % plus cher

Thèmes - Égalité des sexes

Puisque les femmes sont payées en moyenne 30 % de moins que les hommes à fonction équivalente, le restaurant Ramona, situé à Sao Paulo, a voulu frapper un grand coup. Pour attirer l’attention sur les inégalités entre les femmes et les hommes, il a mis en place un « Unfair Menu » (menu injuste). Tous les plats de la carte coûtent 30 % plus cher aux hommes. L’opération, provisoire, a été supervisée par l’agence publicitaire Agnelo Comunicação. Elle a offert au restaurant une publicité bien plus forte qu’une campagne de promotion classique, tout en mettant l’accent sur un thème de société. Du côté des clients, passée la stupeur initiale, la plupart des hommes ont accepté de payer, une fois qu’on leur a expliqué la raison, tandis que les femmes ont applaudi l’initiative. S. R.

1MONTRÉAL – Québec

Sept mille trois cents mètres carrés de serres sur les toits

Agriculture - Thèmes

Produire des fruits et légumes toute l’année, en circuit court et, si possible, en pleine ville : telle est l’ambition des fermes Lufa. À Montréal, la société s’est installée sur les toits d’un vieux bâtiment et bénéficie d’une surface record de 7 300 m2. Pour produire 190 tonnes de fruits et légumes par an, la startup utilise la technique de l’hydroponie. Elle consiste à remplacer la terre par un substrat, généralement de la fibre de coco, qui est ensuite trempé dans de l’eau enrichie des nutriments dont les plantes ont besoin, notamment du fer et du potassium. La ferme urbaine fournit 5 000 paniers de légumes toutes les semaines, été comme hiver. S. R.